La genèse de la sophrologie

2/12/20262 min read

Alfonso Caycedo Lozano (1932–2017) était un médecin psychiatre, fondateur de la sophrologie.

Dans les années 1960, confronté aux traitements psychiatriques alors en vigueur — tels que les électrochocs ou le coma insulinique — qu’il jugeait trop agressifs, il engage une réflexion scientifique et médicale afin de développer des approches plus humaines et respectueuses de la personne. Il s’intéresse alors à l’étude de la conscience et aux moyens d’agir positivement sur celle-ci pour favoriser un équilibre intérieur.

C’est dans ce contexte qu’il crée la sophrologie, une méthode centrée sur l’éthique de la conscience, visant à harmoniser le corps et l’esprit afin d’améliorer la santé mentale des patients.

En 1964, il effectue un voyage en Orient, notamment en Inde et au Tibet, où il étudie les pratiques de méditation et leurs effets sur les états modifiés de conscience, dans une perspective thérapeutique appliquée à la psychiatrie. Il s’initie également au yoga, au bouddhisme tibétain et au zen japonais, afin d’en extraire des techniques fondamentales encore utilisées aujourd’hui dans les relaxations dynamiques et les sophronisations.

Parallèlement, Alfonso Caycedo s’inspire de courants philosophiques liés à la conscience, en s’appuyant notamment sur les travaux de Edmund Husserl, fondateur de la phénoménologie, ainsi que de Ludwig Wittgenstein.

De l’ensemble de ses recherches et de ses voyages, Alfonso Caycedo élabore des exercices pratiques destinés à améliorer la condition des personnes, notamment dans la gestion de la douleur et des tensions.

Les exercices de la sophrologie :

Contraction et de décontraction musculaire : permettent de relâcher les tensions physiques souvent responsables de l’intensification de la douleur. En favorisant le relâchement musculaire, ils améliorent la circulation sanguine, réduisent les compressions tissulaires et contribuent à rompre le cercle douleur–tension–stress. Ce processus favorise également la libération d’endorphines, procurant un soulagement et un sentiment de contrôle.

La respiration : occupe également une place centrale. La respiration profonde active le système nerveux parasympathique, responsable de la relaxation. En augmentant l’apport en oxygène et en réduisant les hormones du stress, elle induit un état de calme et de détente. La concentration sur la respiration permet aussi de détourner l’attention de la douleur et de renforcer le sentiment de maîtrise.

La dimension mentale : la défocalisation consiste à détourner l’attention de la douleur en se concentrant sur des sensations ou des pensées agréables, diminuant ainsi sa perception. À l’inverse, la focalisation permet de porter attention à la douleur afin de mieux l’accepter et de la comprendre, en la dissociant des émotions négatives, ce qui réduit son impact émotionnel et son intensité ressentie. La substitution, quant à elle, vise à remplacer la sensation douloureuse par une sensation agréable ou neutre grâce à des visualisations ou des perceptions apaisantes, contribuant ainsi à une rééducation de la perception de la douleur par le cerveau.

Alfonso Caycedo est décédé le 11 septembre 2017. Sa fille, Nathalie Caycedo, a poursuivi son œuvre. Docteure en psychiatrie et en neuropsychologie, elle dirige aujourd’hui l’Académie Internationale de Sophrologie, une association consacrée à l’étude, à la transmission et à la promotion de la sophrologie caycédienne.

La genèse de la sophrologie